Avant l’arrivée des CI il y avait 2 solutions : soit passer par un intermédiaire (agent immobilier ou mandataire), soit vendre par soi même. Or nous pouvons nous interroger sur les besoins des propriétaires outre le fait d’être contraint de reprendre la vente en main en raison de déceptions multiples liées au système traditionnel ou, plus couramment, de vouloir économiser des frais importants. Cela demande tout de même un petit investissement personnel. Il faut du temps pour faire les visites et savoir mettre en valeur le bien ce qu’un particulier ne sait pas forcément faire.
Nous allons explorer ici 7 bénéfices émotionnels de vendre par soi-même, sans passer par une agence immobilière.
1. Le sentiment de contrôle
En gérant la vente de sa maison, on conserve un contrôle total sur le processus. Cela inclut la fixation du prix, la gestion des visites, la négociation des offres, etc. Ce sentiment de maîtrise peut générer un certain soulagement et une satisfaction, surtout pour les personnes qui n’ont pas l’habitude de déléguer des décisions surtout quand elles sont importantes.
2. L’accomplissement personnel
La mode du Do It Yourself (faire soi même) est un vrai succès. Le contexte inflationiste et la crise sanitaire nous obligent à revoir notre mode de consommation. La grande majorité d’entre nous est contrainte de faire des économies mais sans se passer de la qualité. Mener à bien une transaction immobilière par ses propres moyens peut être une source de fierté. Cela montre qu’on est capable de gérer un processus complexe et de prendre des décisions éclairées, ce qui renforce la confiance en soi. Même accompagné(e) par un coach immobilier nous ressentons la satisfaction de la mission accomplie.
3. Lien émotionnel avec la propriété
Vendre un lieu de vie est souvent une démarche chargée d’émotions, car il peut être le théâtre de souvenirs personnels. En assumant soi-même la vente, nous pouvons prendre le temps de lui dire au revoir à notre rythme et même partager des anecdotes avec les acheteurs potentiels, ce qui peut rendre la transition plus douce.
Je conseille souvent à mes clients de parler de l’histoire de leur maison ou appartement. Je me souviens d’une maison ancienne qui avait été la 1ere boulangerie du village, d’un appartement ayant appartenu à une personnalité locale ou encore une maison dont le tilleul centenaire avait l’écorce gravée des amoureux d’antant. Dans le jardin de ma propre maison nous avions trouvé de très anciens flacons en verre et l’antériorité des actes a permis de découvrir que l’échoppe avait appartenue à un apothicaire. Toutes ces anecdotes donnent une âme au lieu. Elles enrichissent les visites qui marqueront l’émotionnel des potentiels acquéreurs.
Je n’ai jamais connu d’intermédiaire qui s’attache à connaître et à transmettre la vie d’un lieu. Il commercialise un bien. Un propriétaire transmet un lieu de vie.
4. Réduction du stress lié aux intermédiaires
Travailler avec un agent immobilier peut parfois générer du stress, notamment en cas de désaccords sur la stratégie de vente ou la communication. Vendre soi-même permet d’éviter ce genre de tension et de rendre le processus plus fluide, selon ses propres termes.
Ne pas être maître de sa vente peut génèrer tout un flot de questions : l’intermédiaire ne va-t-il pas faire d’erreur dans son argumentation ? Se tromper sur les travaux réalisés ? Les superficies ? L’origine des matériaux ? Va-t-il transmettre toutes les offres ? A-t-il bien compris la marge de manœuvre ?
Par ailleurs le lieu (sa localisation, son agencement, sa décoration…) ne plaira pas forcément à l’intermédiaire qui ne mettra pas ainsi tout son cœur à le mettre en valeur et le vendre. Pire, il pourra s’en servir uniquement comme faire valoir d’un autre bien.
Autre source de stress non négligeable : confier ses clés et accepter des inconnus chez soi même accompagné d’un professionnel.
5. Économie financière et satisfaction émotionnelle
En évitant de payer des commissions à une agence qui sont indexées sur le prix de vente, nous pouvons ressentir un soulagement financier, ce qui contribue à une meilleure satisfaction globale. Se dire que nous avons réussi à économiser une somme importante peut renforcer le sentiment de réussite. Sans compter le gain pour les acquéreurs qui pourront utiliser l’argent économisé pour des financer des travaux ou acheter quelques m2 supplémentaires.
A l’heure où les crédits sont très difficiles d’accès l’économie des frais d’agences est un atout de poids.
Toutefois il est intéressant de noter que cette économie financière vient APRES le besoin d’être conseillés efficacement sur les plans techniques et juridiques. C’est ce que révèle une enquête de la FNDCI réalisée en 2023 toutes régions confondues.
6. Personnalisation de l’expérience d’achat
En tant que vendeur, on peut offrir une expérience plus personnalisée aux acheteurs, en leur présentant directement les avantages de la maison selon leur perspective. Le propriétaire connaît parfaitement son bien, les écoles, les commerçants, les infrastructures, les voies d’accès,etc… Cette approche plus humaine peut être émotionnellement gratifiante, surtout si l’on a un bon contact avec les acheteurs. A la belle saison ils peuvent repartir avec des fruits ou des fleurs du jardin. Si le vendeur aime cuisine il peut préparer un gâteau qui embaumera la cuisine permettant ainsi aux visiteurs de se sentir déjà chez eux.
Ce 6eme point est à corréler avec le 3eme et ce que nous évoquions au sujet des anecdotes et des histoires du lieu à raconter.
Tout cela contribue à un ancrage puissant permettant aux acquéreurs de se projeter immédiatement, d’avoir le fameux coup de cœur.
7. La mimétisation
Il est très courant de voir que vendeurs et acquéreurs ont des points communs, voire de vraies similitudes ce qu’ils découvrent dès la visite et pas chez le notaire. Par exemple une famille qui a des jumeaux va vendre à une famille… qui a des jumeaux, une mampreneuse avec 2 enfants va vendre à une mampeneuse avec 2 enfants. Personnellement j’ai un nom flamand et mon ex conjoint avait un nom breton et nous avons vendu à un couple dont l’un avait un nom flamand et l’autre breton !
Cela vous parait anecdotique ? En 27 ans d’immobilier je vous garantis l’avoir constaté à de multiples reprises.
Dans ce cas la vente est assurée. Les propriétaires n’auront pas à retenir leur souffle pendant le délai SRU.
En résumé, vendre sa maison par soi-même peut apporter une grande satisfaction émotionnelle liée au contrôle, à la fierté, et à une connexion plus personnelle avec les futurs acquéreurs.
Rappelons toutefois que seulement 10 % des vendeurs y parviennent sans être accompagnés. C’est la raison d’être de notre métier et de son succès.
